Interview de Chaimae EL MORTAJINE, experte en supervision chez Accor

Interview de Chaimae EL MORTAJINE, experte en supervision chez Accor

Chaimae EL MORTAJINE a construit son parcours entre classes préparatoires, école d’ingénieur et spécialisation en France à l’Institut Galilée. Aujourd’hui experte en supervision au sein du groupe Accor, elle veille au bon fonctionnement des infrastructures et applications critiques utilisées dans le monde entier. Entre expertise technique, travail collaboratif et adaptation permanente aux évolutions technologiques, elle revient sur son parcours, son expérience à l’Institut Galilée et les conseils qu’elle souhaite transmettre aux futurs diplômés.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je m’appelle Chaimae EL MORTAJINE et je suis actuellement experte en supervision au sein du groupe Accor.

Mon parcours a commencé au Maroc, où j’ai obtenu un baccalauréat scientifique en sciences mathématiques avant d’intégrer une classe préparatoire puis une école d’ingénieur. Après l’obtention de mon diplôme d’ingénieur, j’ai souhaité poursuivre mes études à l’international afin de découvrir de nouvelles approches et enrichir mon parcours académique.

C’est dans ce contexte que j’ai intégré l’Institut Galilée en 2019 pour suivre un Master 2 en ingénierie des réseaux et de l’innovation. Je n’y ai effectué qu’une seule année d’études puisque j’étais déjà diplômée d’une école d’ingénieur. Cette année a néanmoins été particulièrement marquante puisqu’elle a coïncidé avec la période du Covid-19 et les premiers confinements.

À l’issue de cette formation, j’ai débuté ma carrière professionnelle dans une société de conseil où j’ai travaillé pendant plusieurs années en tant que consultante. Cette expérience m’a permis d’intervenir dans des secteurs d’activité très variés comme le ferroviaire, l’aéronautique avec Safran ou encore l’industrie pharmaceutique.

Depuis maintenant deux ans, j’ai rejoint le groupe Accor où j’occupe le poste d’experte en supervision. J’y assure le suivi des infrastructures et des applications critiques, notamment celles liées aux systèmes de réservation utilisés dans les hôtels du groupe à travers le monde.

En quoi consiste votre métier aujourd’hui ?

Mon métier consiste à superviser les infrastructures informatiques et les applications utilisées au sein du groupe Accor.

Concrètement, je travaille sur des outils de supervision qui permettent de surveiller en permanence l’état des serveurs, des applications et de l’ensemble des composants informatiques essentiels au bon fonctionnement des services.

Ces plateformes sont capables de détecter automatiquement des anomalies et de générer des alertes lorsqu’un incident risque de se produire ou lorsqu’un dysfonctionnement apparaît. Mon rôle est donc de m’assurer que ces alertes remontent au bon moment afin que les équipes concernées puissent intervenir rapidement.

L’objectif est avant tout préventif. Nous cherchons à identifier les problèmes avant qu’ils n’impactent les utilisateurs ou les services de l’entreprise. Dans un groupe international comme Accor, où les applications de réservation fonctionnent en continu, cette mission est particulièrement stratégique.

Quelles sont vos principales missions au quotidien ?

Mes missions consistent principalement à collaborer avec les différentes équipes techniques ainsi qu’avec les responsables applicatifs.

Chaque application possède ses propres spécificités et ses propres enjeux. Mon rôle est donc d’accompagner les équipes afin de mettre en place une supervision adaptée et de garantir une remontée efficace des incidents lorsqu’ils surviennent.

Nous travaillons constamment sur l’anticipation et la prévention. Cela implique de surveiller les indicateurs critiques, d’analyser les alertes et de s’assurer que les systèmes de supervision couvrent correctement l’ensemble des infrastructures.

Cette activité nécessite également de nombreux échanges avec les équipes réparties dans différents pays. Les infrastructures étant internationales, il est indispensable de travailler de manière coordonnée avec des collaborateurs situés partout dans le monde.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?

Les compétences techniques sont évidemment essentielles.

Il est nécessaire de bien comprendre les outils de supervision, les architectures informatiques, les protocoles réseaux ainsi que les différents environnements techniques utilisés par les entreprises. Une bonne culture informatique constitue donc une base indispensable.

Cependant, les compétences humaines sont tout aussi importantes.

Contrairement à certaines idées reçues, il ne s’agit pas d’un métier que l’on exerce seul derrière un écran. Nous collaborons quotidiennement avec de nombreuses équipes, ce qui demande une bonne communication, de l’écoute et un véritable esprit de coopération.

Dans un groupe international comme Accor, la maîtrise de l’anglais est également incontournable. Nous travaillons avec des équipes présentes dans plusieurs pays et il est essentiel de pouvoir communiquer efficacement avec tous les interlocuteurs.

La capacité à travailler en équipe, à partager les informations et à construire des solutions collectivement fait pleinement partie des compétences attendues dans ce métier.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Ce que j’apprécie particulièrement, c’est la diversité des secteurs dans lesquels il est possible d’exercer ce métier.

Au cours de ma carrière, j’ai eu l’opportunité de travailler dans des environnements très différents. J’ai découvert le secteur ferroviaire, l’aéronautique, l’industrie pharmaceutique et aujourd’hui l’hôtellerie.

À chaque nouvelle expérience, je découvre un nouveau fonctionnement, de nouvelles problématiques et de nouveaux métiers. Cela me permet d’enrichir continuellement mes connaissances tout en conservant le même cœur de compétence autour de la supervision informatique.

Aujourd’hui, par exemple, je comprends beaucoup mieux le fonctionnement des applications de réservation hôtelière et les enjeux associés à ce secteur. Chaque domaine apporte une vision différente et contribue à élargir mon expertise.

C’est cette capacité à apprendre en permanence tout en évoluant dans des contextes variés qui me plaît le plus.

Quel est le principal défi que vous rencontrez dans votre métier ?

Le principal défi est sans doute la nécessité de se former continuellement.

Le secteur informatique évolue extrêmement rapidement. Les technologies changent, les outils se modernisent et l’intelligence artificielle transforme progressivement de nombreux métiers.

Il est donc indispensable de rester à jour et de continuer à apprendre tout au long de sa carrière. Les connaissances acquises il y a cinq ans ne suffisent plus forcément aujourd’hui.

Cette capacité d’adaptation est essentielle pour continuer à apporter de la valeur et répondre aux nouveaux enjeux des entreprises. Il faut être curieux, ouvert aux évolutions et prêt à remettre régulièrement ses connaissances à niveau.

Pourquoi avoir choisi cette voie ?

Au départ, ce n’était pas nécessairement mon premier choix.

Après mon baccalauréat scientifique, les études d’ingénieur représentaient une voie naturelle et reconnue. J’ai donc poursuivi dans cette direction avec l’idée de construire une carrière stable et de bénéficier de bonnes perspectives professionnelles.

C’est finalement en découvrant le métier que j’ai commencé à l’apprécier réellement. L’informatique offre une grande diversité de possibilités et permet d’intervenir sur des sujets très variés.

J’ai rapidement compris qu’il s’agissait d’un domaine en constante évolution, où l’on ne cesse jamais d’apprendre. Cette richesse intellectuelle et cette ouverture sur de nombreux secteurs d’activité m’ont convaincue de poursuivre dans cette voie.

Avec le recul, je considère que ce choix a été une très belle opportunité.

Pourquoi avoir choisi l’Institut Galilée ?

Mon arrivée à l’Institut Galilée s’est faite grâce au réseau.

Un ami qui avait suivi le même parcours que moi avait intégré l’établissement une année avant mon arrivée. Lorsque j’ai commencé à rechercher un Master 2 en France, il m’a recommandé cette formation et m’a partagé son expérience.

Ses retours positifs m’ont convaincue de déposer ma candidature. J’ai ensuite découvert une formation qui correspondait parfaitement à ce que je recherchais pour compléter mon parcours d’ingénieur.

Quels sont selon vous les atouts de l’Institut Galilée ?

L’un des principaux atouts de l’Institut Galilée est la diversité des parcours proposés.

Au sein de mon master, les étudiants pouvaient s’orienter vers différentes spécialisations, notamment le développement informatique ou les réseaux. Cette diversité permettait à chacun de construire un parcours adapté à ses objectifs professionnels.

J’ai également apprécié le fait que la formation soit bien structurée et ciblée sur les compétences réellement utiles pour l’insertion professionnelle.

Les enseignements étaient suffisamment variés pour offrir une vision globale du secteur tout en laissant la possibilité d’approfondir certains domaines spécifiques selon ses centres d’intérêt.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants actuels ?

Le premier conseil que je donnerais est de ne pas se limiter uniquement à la validation des examens et des modules.

Bien sûr, les résultats académiques sont importants, mais ils ne constituent qu’une partie de la formation. Il est essentiel de profiter des études pour développer des projets personnels, participer à des activités complémentaires et acquérir une expérience pratique.

Les projets réalisés en parallèle des cours constituent souvent une véritable valeur ajoutée lors de la recherche d’un stage ou d’un premier emploi.

Je conseillerais également aux étudiants de s’intéresser très tôt aux métiers qui les attirent réellement. Il ne faut pas choisir un stage ou une orientation par hasard. Il est important de comprendre les perspectives offertes par chaque domaine, les compétences attendues et les opportunités de carrière associées.

Enfin, je les encouragerais à rester curieux. L’informatique est un secteur vaste et en constante évolution. Plus on s’intéresse aux nouvelles technologies et aux différents métiers, plus on se donne de chances de construire un parcours professionnel épanouissant.

Quel souvenir gardez-vous de votre année à l’Institut Galilée ?

Mon souvenir le plus marquant reste évidemment la période du Covid-19.

Lorsque nous avons commencé l’année universitaire, personne n’imaginait ce qui allait se produire quelques mois plus tard. Je me souviens particulièrement de la semaine des derniers partiels, juste avant le confinement. L’incertitude était totale et personne ne savait réellement comment réagir face à cette situation inédite.

Cependant, au-delà de cette période difficile, je garde surtout le souvenir d’un établissement particulièrement humain.

L’Institut Galilée a mis en place de nombreuses initiatives pour accompagner les étudiants. Des ordinateurs ont été distribués directement aux domiciles de ceux qui en avaient besoin afin qu’ils puissent poursuivre leur formation à distance. Des dispositifs d’aide ont également été proposés aux étudiants en difficulté financière, notamment pour les aider à se loger ou à subvenir à leurs besoins quotidiens.

Je me souviens également du suivi très attentif assuré par l’équipe pédagogique. Les responsables de formation prenaient régulièrement des nouvelles des étudiants, s’assuraient que tout se passait bien et restaient disponibles malgré le contexte.

Cette bienveillance et cette proximité humaine m’ont particulièrement marquée.

Un dernier mot pour conclure ?

Je garde un excellent souvenir de cette formation et de mon passage à l’Institut Galilée.

Aujourd’hui, j’occupe un poste qui me plaît et qui correspond pleinement à mes aspirations professionnelles. Cette année de spécialisation m’a permis d’acquérir des compétences complémentaires qui m’ont aidée dans la construction de mon parcours.

Avec le recul, je considère cette expérience comme une étape importante de ma carrière et je suis heureuse d’avoir fait ce choix.


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