Eden Ruimy, cheffe de projet, dans le domaine de la défense, raconte son expérience comme mentor

Eden Ruimy, cheffe de projet, dans le domaine de la défense, raconte son expérience comme mentor

Passionnée par la gestion de projet et motivée par l'envie de transmettre, Eden Ruimy partage avec franchise son parcours, de ses premières expériences à son poste actuel chez MBDA, entreprise spécialisée dans le domaine de la défense. Elle revient sur ses choix académiques, son entrée dans le monde professionnel, et son engagement dans le mentorat.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je m'appelle Eden Ruimy, j'ai 26 ans et je vis à Aubervilliers. Après mon bac, j'ai passé un an à Manchester dans le but d'apprendre l'anglais et d'obtenir un diplôme sur les outils bureautiques comme Excel ou Word. Cette année m'a permis de devenir bilingue, compétence indispensable dans mon métier actuel. 

Ensuite, j'ai entamé une licence Sciences pour l'ingénieur, où j'ai exploré divers domaines avant de me spécialiser en systèmes embarqués et biomédical. J'ai obtenu mon diplôme en 2023. Durant mes études, j'étais très impliquée. J'obtenais de bons résultats dans toutes les matières, mais je brillais particulièrement dans les matières périphériques à un ingénieur, par exemple en droit du travail, anglais, gestion de projet et management. C'est ainsi que j'ai compris que je ne me destinais pas à un rôle purement technique. Je n'appréciais pas passer des journées entières à débuguer du code. Je me suis alors naturellement orientée vers ce domaine, notamment en travaillant sur des projets scolaires où je me chargeais de la planification, des budgets et des revues, plutôt que du développement pur.

Après mes études, j'ai débuté ma carrière chez MBDA, une entreprise spécialisée dans la conception d'équipements complexes pour l'armement, en tant que prestataire chez Parlim Project Management. C'est-à-dire la planification à long terme des ressources humaines et matérielles. Cette expérience m'a permis de travailler en étroite collaboration avec les services RH et financiers, et d'établir de nombreux contacts internes. 

À la fin de ma mission, l'un de ces contacts m'a proposé un poste en tant que contrôleuse de projet (PMO) chez MBDA, où je suis désormais en charge du suivi d'une subdivision spécifique d'un projet, comme la construction de missiles. C'est un rôle clé dans une équipe qui ne peut gérer seule l'ensemble du cycle de vie d'un projet aussi complexe.

Quelles compétences considérez-vous comme essentielles dans votre métier ?

Les deux compétences fondamentales que je mobilise au quotidien sont l'anglais et la maîtrise de la langue écrite. Il est primordial de savoir rédiger un mail sans faute, surtout lorsqu'on s'adresse à un directeur des opérations. Une erreur d'orthographe peut nuire à la crédibilité.

Par ailleurs, dans un environnement international, parler anglais est un prérequis. Beaucoup de nos réunions se déroulent avec des interlocuteurs italiens ou anglais, et l'anglais est la seule langue commune.

Qu’est ce que le mentorat vous évoque ?

Pour moi, le mentorat est une forme de transmission : de motivation, d'ouverture d'esprit, et de connaissance du monde professionnel. Même en début de carrière, j'estime pouvoir apporter des conseils concrets sur les entretiens, la rédaction de CV, ou les attentes du monde du travail actuel.

J'accompagne une étudiante, Adama, que j'ai rencontrée via la plateforme de mentorat. Elle est aussi en instrumentation, ce qui me permet de lui apporter une aide ciblée. On s'appelle régulièrement pour parler de ses cours, de ses projets, de ses doutes. Mon but est de supprimer la distance entre étudiants et jeunes professionnels, de rendre l'échange accessible.

Je ne me fixe pas de limite dans le temps : ce suivi ne me prend pas beaucoup de temps, mais peut être d'une grande aide ponctuelle.

Un conseil pour les étudiants qui hésitent ou n'osent pas contacter un mentor ?

Il faut oser. Contacter un mentor, c'est accélérer son accès à l'emploi et éviter certaines erreurs. Moi-même, chez MBDA, je bénéficie d'un programme de mentorat pour les nouveaux. J'hésite parfois à solliciter ceux qui ont 10 ou 15 ans d'expérience. Mais je sais que je le ferai, j'attends juste d'être un peu plus confiante, de prendre en main un peu plus mon poste. C'est ainsi que l'on progresse, qu'on construit un réseau et qu'on comprend les leviers d'évolution.

Ce n'est pas une question d’une montée en compétences, mais de chercher à comprendre comment ça se passe, ce qui permet d’évoluer, ou simplement les échanges humains. Et ces partages, ils sont précieux.

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